Une bande verte entre les rangs est facile à reconnaître. Ce qu'elle change pour la vigne l'est beaucoup moins. Parle-t-on d'un couvert permanent, d'une végétation temporaire, d'un inter-rang sur deux ou de plantes installées directement sous les ceps ? La photo rassemble ces situations sous une même apparence ; l'agronomie les distingue.
La question de l'eau oblige à regarder deux phénomènes à la fois : la façon dont le sol reçoit la pluie et la quantité d'eau que les plantes prélèvent ensuite. Une amélioration du premier ne garantit pas une économie sur le second.
Une protection du sol n'est pas une réserve d'eau garantie
En 2021, Javier Abad et ses coauteurs ont publié une revue systématique consacrée aux couverts dans les vignobles. Leur travail s'appuie sur un corpus de 272 publications parues entre 1999 et 2018. Le premier volet relève notamment des effets favorables sur l'infiltration de l'eau, la stabilité des agrégats du sol et la limitation de l'érosion. Il souligne aussi l'importance du contexte et du choix des végétaux. Abad et al., revue des effets sur les sols et la biodiversité.
Ces résultats décrivent plusieurs services rendus au sol. Ils ne donnent pas un volume d'eau économisé pour chaque hectare enherbé. Passer de l'un à l'autre demanderait un bilan propre à la parcelle, à son climat et à la période considérée. C'est la distinction essentielle pour lire une promesse de résistance à la sécheresse.

